L’audiogramme (Fig. 2) est certainement le test qui mérite d’être réalisé en première intention pour les patients présentant un acouphène. Son objectif est de mettre en évidence un déficit auditif qui est dans la grande majorité des cas associé à l’acouphène (9 fois sur 10).
Pour avoir un acouphène… il faut donc avoir une perte auditive.
Cependant l’intensité de la perte auditive n’est en aucune façon corrélée à l’intensité de perception de l’acouphène.
Une surdité profonde peut ne pas s’accompagner d’acouphène et inversement une perte auditive mineure peut être à l’origine d’un acouphène très invalidant.
On interprétera donc la présence d’un acouphène comme un dysfonctionnement complexe induit par une lésion cicatricielle du système auditif, d’intensité variable d’un patient à l’autre, dont est témoin la perte auditive visualisée par l’audiogramme (Fig. 2). Ceci est particulièrement le cas après traumatisme sonore ou pressionnel aigu de l’oreille.
L’acouphène, sauf dans quelques pathologies spécifiques qui seront dépistées par l’ORL, n’est donc généralement en rien l’augure d’un risque majoré de dégradation anormale de l’audition. L’acouphène est uniquement le témoin d’une lésion passée et habituellement stable du système auditif, même si l’acouphène est perçu de façon fluctuante.
L’intensité de la perception de l’acouphène peut varier alors que le déficit auditif reste stable comme lors de périodes de stress intense et de fatigue anormale ou après exposition sonore faiblement intense (non traumatisante) en cas d’hyperacousie.
D’autres tests auditifs plus précis, comme l’Audioscanner® (Fig. 1), l’audiométrie hautes fréquences ou les otoémissions acoustiques, peuvent être pratiqués à la recherche d’une anomalie mineure du fonctionnement de l’organe auditif qui ne serait pas mise en évidence par l’audiométrie conventionnelle. Ces tests n’ont aucun caractère systématique et leur prescription relève de la seule responsabilité du médecin ORL. On insistera sur le fait que, même s’ils sont utiles à la localisation précise de la lésion auditive responsable, leur intérêt pratique dans le domaine thérapeutique est extrêmement limité.
Les relations entre déficit auditif et acouphène sont certaines…et complexes.
Mais en tout état de cause la compensation d’une perte auditive significative, dépistée par l’audiogramme, est en règle une méthode rationnelle et efficace de soulagement de la perception de l’acouphène.»
Alain Londero - ORL