Si Hippocrate a décrit une méthode de lutte contre les phobies (Aphorismes) qui préfigure ce que les comportementalistes vont découvrir, c’est un Français, François Leuret (Fragments psychologiques sur la folie), qui est réputé avoir écrit le premier traité de thérapie comportementale et cognitive au 19ème siècle. Cet ouvrage était consacré à la modification directe du délire chez les psychotiques.
En fait, c’est à partir du début du 20ème siècle que les concepts de ces démarches thérapeutiques vouées à régler les problèmes ressentis « ici et maintenant » vont se répandre. Des auteurs célèbres (dans le domaine psychologique) comme John Watson en Angleterre ou Pierre Janet en France en furent les précurseurs. Plus tard, Ivan P Pavlov en URSS et Burrhus F Skinner aux USA puis Hans J Eysenk en Angleterre et Joseph Wolpe en Afrique du Sud, vont développer l’application de cette approche à un champ de plus en plus large de la psychologie de l’anxiété et de la dépression.
Dans les années 80, se sont développées les notions d'automatismes mentaux qui accompagnent et renforcent les comportements dysfonctionnels, motivés par une impulsion émotionnelle. Albert Ellis sera un des principaux promoteurs de la thérapie comportementale des émotions.
A partir des années 90, la thérapie des schémas de pensée dysfonctionnels précoces sera développée par Jeffrey Young et l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing : Désensibilisation et Réinterprétation par les Mouvements Oculaires), dont on doit le développement à Francine Shapiro, sont des axes complémentaires de prise en charge par les TCC. Encore une fois, ces approches ont fait l’objet d’une démarche scientifique d’expérimentation et d’évaluation.
Il est impressionnant de lire ou d’entendre avec quelle hargne les détracteurs les plus virulents se déchaînent contre les TCC en utilisant des arguments purement théoriques, davantage fondés sur des croyances erronées à propos de ces thérapies que sur une connaissance concrète des méthodes et de leurs résultats. Cette attitude de réaction doit être à la hauteur de l’action dont sont capables les TCC. Reste à savoir si cette action est bénéfique ou pas ; et là ce sont les personnes qui y ont eu recours qui peuvent en parler. Dans le domaine de l’acouphène et de l’hyperacousie les résultats sont édifiants, voire déconcertants (donc suspects ?) pour des praticiens confrontés à une impuissance thérapeutique depuis de nombreuses années. Aurais-je l’audace de proposer comme interprétation à ces résultats que la méthode pourrait bien être adaptée ?